Mets traditionnels vertueux et oublies

Gouters traditionnels :

  • « Ndiambane ou mĂ©lange « dakhar » ou tamarin, madd ou liane goĂŻne, « bouye » ou baobab. Le produit est brassĂ© pour obtenir une purĂ©e qui est assaisonnĂ©e avec de l’oignon, du citron, du piment, du sel et du sucre. Ce mĂ©lange peut se faire aussi Ă  base de fruits de mer comme le « pagne » (mollusque Ă  coquille).
  • Poudres ou « peundeukh » : nĂ©rĂ© ou « oul », baobab ou bouye, mourakĂ© (pâte d’arachide grillĂ©e mĂ©langĂ©e Ă  du couscous ou de la chapelure de pain et du sucre)
  • « Accra » : beignet de haricot (niĂ©bĂ©) frit est un gouter populaire consommĂ© avec une sauce à  la tomate et oignon pimentĂ©e. Il est appelĂ© « akara »  au NigĂ©ria oĂą il est servi avec de la bouillie de maĂŻs au petit dĂ©jeuner.
  • Divers fruits forestiers : madd, toll, ditax, jujube ou sidème sans oublier la galette de jujube « sidème mali » ,dankh, etc… les tables de composition des aliments montrent la richesse de ces fruits en vitamines, minĂ©raux, fibres alimentaires et antioxydants. Il enexistetoutel’annĂ©e, au rythme des saisons.

Exhausteur de goĂ»t : « NĂ©tĂ©tou Â» ou « nĂ©rĂ© Â» ou « soumbala Â» ou « afitin Â», considĂ©rĂ© comme une moutarde traditionnelle, condiment jadis incontournable dans la prĂ©paration des sauces traditionnelles, est remplacĂ© aujourd’hui par les bouillons-cubes industriels. Il est riche en minĂ©raux et en protĂ©ines (34g pour 100 g de graines), lipides (20 g pour 100g), fibres alimentaires (5g pour 100 g) et sels minĂ©raux prĂ©cieux comme le calcium (263 mg pour 100g). Il peut remplacer la viande ou le poisson dans la ration alimentaire.

Huile de palme rouge : elle est consommĂ©e largement en Afrique. Elle est riche en bĂ©tacarotène qui est un prĂ©curseur de la vitamine A c’est-Ă -dire qu’il se transforme en vitamine A dans l’organisme.

Petit dĂ©jeuner :

  • NGALAKH : plat sucrĂ© Ă  base de pâte d’arachide et de pulpe de baobab, accompagnĂ© de tiakry ou dĂ©guĂ© (farine de mil roulĂ©e puis passĂ©e Ă  la vapeur)
  • FONDE + SOW : bouillie de mil accompagnĂ©e de lait caillĂ©,
  • « tierĂ©aksow » ou couscous au lait caillé 
  • Reste de « tiĂ©ré » ou couscous de la veille.
  • Bouillie de maĂŻs + akara (NigĂ©ria)

Sont remplacés aujourd’hui par le pain. Les enquêtes de terrain ont montré que bon nombre d’africains aujourd’hui ne peuvent plus se passer du pain et du riz.

Diverses prĂ©parations :

  • Sauce Ă  base de feuilles vertes :
  • « MBOUM »: sauce Ă  base de feuille de moringa (nebeday ou mboum) avec de l’arachide pour accompagner le couscous de mil
  • « etodiaye » Ă  base de feuilles de manioc et feuilles de nebadaye dans la rĂ©gion de la Casamance,
  • borokhé (GuinĂ©e) Ă  base  de feuilles de patate douce.
  • « Amavivé », « krinkrin » au BĂ©nin,
  • « sakasaka » au Congo,
  • « Coco » et « goussa » en Centrafrique,
  • « Ndolé » au Cameroun, et tant d’autres.
  • Lalo bouye : ce sont les feuilles de baobab sĂ©chĂ©es et pilĂ©es qui servent de liant au couscous, au fonio. 
  • La sauce gombo : elle est prĂ©parĂ©e dans beaucoup de pays africains, accompagnĂ©e de riz ou de pâte de maĂŻs, d’igname, etc…  le gombo  bouilli sert aussi de liant dans le fonio.

Les feuilles vertes et le gombo ont une excellente valeur nutritionnelle, très peu caloriques, riche en sels minĂ©raux, en vitamines, en fibres alimentaires, anti oxydants, Ă©lĂ©ments essentiels pour une bonne santĂ© et pour prĂ©venir les maladies modernes de surcharge (diabète, obĂ©sitĂ©, hypertension artĂ©rielle, cholesterol, etc…)

  • Lakhtiakhane : Le  DrThianar NDOYE parlait de « chef d’œuvre d’équilibre nutritionnel si utilisĂ© dans nos campagnes », il ajoutait : « cette recette de grand’mère faisait les champions de nos arènes ». Ce plat Ă©tait consommĂ© traditionnellement « dans le Djolof, le Ndiambour, le Oualo, le Baol, les wolofs ». Aujourd’hui il est surtout prĂ©parĂ© pour les malades et les convalescents. Il est prĂ©parĂ© avec du mil, de l’arachide, du poisson sĂ©chĂ©, de la tomate et d’autres ingrĂ©dients. Les acides aminĂ©s manquants dans le mil sont complĂ©tĂ©s par ceux de l’arachide et du poisson. Ce qui en fait un aliment Ă©quilibrĂ©.

Pratique du « MOTHIATE Â» : c’est le plat qui est rĂ©servĂ© Ă  cĂ´tĂ© du plat de « tiepboudiene Â». Il contient entre autres le reste du jus de cuisson, les arĂŞtes et tĂŞtes de poisson, le tamarin, le bissap (ce plat fournit un complĂ©ment de protĂ©ines, de minĂ©raux et de vitamines, surtout de la vitamine C qui amĂ©liore l’absorption du fer au niveau de l’intestin). On dit que les personnes qui aiment le « mothiate Â» restent « toujours jeunes Â».

Pratique du « SEPI Â» : chez l’enfant entre 6 et 9 mois, en complĂ©ment de l’allaitement maternel, il est prĂ©conisĂ© de prĂ©lever de la marmite familiale, avant assaisonnement, des lĂ©gumes, du poisson, du jus de cuisson qui seront Ă©crasĂ©s en purĂ©e. Ce repas initie l’enfant aux gouts variĂ©s des plats et fait gagner du temps Ă  la maman qui n’est pas obligĂ©e de faire une prĂ©paration spĂ©ciale pour l’enfant.

La fermentation des aliments :

  • Le lait : lait caillĂ© est plus digeste que le lait frais, puisqu’il ne contient pratiquement plus de lactose. Il a un gout acidulĂ©. 
  • CĂ©rĂ©ales : Il s’agit d’un anoblissement des cĂ©rĂ©ales Ă  condition que cette fermentation ne soit pas trop poussĂ©e. Ceci augmente la digestibilitĂ© de l’amidon de la cĂ©rĂ©ale (par rapport Ă  l’amidon frais qui est peu digeste). La farine brassĂ©e Ă  l’eau est laissĂ©e Ă  fermenter avant la cuisson Ă  la vapeur (couscous de mil au goĂ»t acidulĂ©) ou Ă  l’eau (bouillie). Il y a une prĂ©digestion de l’amidon (oxydo-rĂ©duction des hydrates de carbone par la vitamine B1). Ce qui faisait dire au Dr Thianar NDOYE que le sĂ©nĂ©galais Ă©tait le seul ĂŞtre au monde Ă  pouvoir consommer prĂ©s de 800 g Ă  1 kg de mil en pĂ©riode d’abondance sans s’en porter plus mal. Cette pratique est bien connue en Afrique par exemple au BĂ©nin oĂą la farine de maĂŻs est fermentĂ©e « mawé »  pour prĂ©parer la pâte « akassa » et la bouillie « akloui ».

Les mets traditionnels africains sont frais et de meilleure qualité nutritionnelle que les aliments importés comme le riz importé et le blé (pain, spaghetti) qui ont, pour diverses raisons, pris la place dans l’alimentation moderne.

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