Médecine privée au Sénégal : un congrès pour repenser le rôle économique et stratégique des praticiens

Le Syndicat des médecins privés du Sénégal (SMPS) marque un tournant majeur. Ce vendredi, le plus ancien syndicat de santé du pays a lancé son premier congrès, trois jours de débats consacrés à la transformation du secteur privé, à l’heure où il célèbre bientôt son cinquantenaire.Au cœur des discussions : l’idée de dépasser la simple pratique médicale pour embrasser un rôle entrepreneurial. « Nous ne sommes pas seulement des soignants, nous sommes aussi des acteurs économiques », a affirmé le Dr Abdou Kandiop, président du SMPS. Selon lui, la réussite du secteur privé dépend désormais de sa capacité à gérer ses finances, son organisation et son impact socio-économique, autant que de la qualité des soins dispensés.La souveraineté sanitaire est un autre fil rouge de ce congrès. Les praticiens privés souhaitent s’intégrer pleinement dans la stratégie nationale et régionale (UEMOA), en consolidant la viabilité des cliniques et cabinets, en assurant la sécurité sanitaire, et en formant les médecins à la gestion d’entreprise. Une approche qui lie santé et développement économique.Le syndicat a également mis en lumière l’urgence de réformes législatives. Le code de la santé en vigueur date de 1950, vestige de l’époque coloniale. « Ce n’est même pas le code du Sénégal, c’est celui des collectivités coloniales », a dénoncé le Dr Kandiop sur Rfm. Si des travaux sont déjà engagés pour sa mise à jour, le SMPS réclame des changements profonds pour aligner le secteur privé sur les réalités de 2026.Durant trois jours, médecins et experts vont produire des recommandations concrètes pour moderniser la pratique privée. L’objectif est clair : faire des cliniques et cabinets des moteurs de croissance tout en garantissant un accès équitable aux soins pour tous les Sénégalais.

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